Idee ingenieuse que de programmer un spectacle son et lumiere dans un cadre aussi enchanteur que la riviere de Yangshuo.
Nous remercions San jie, le metteur en scene du spectacle, pour cette intention des plus merveilleuse.
Apres avoir echapper aux vendeurs de faux billets qui nous aurez vallu des places sur les rives marecageuses infestees de moustiques de l'autre cote de la scene, on payent plein pot pour des places ideales. Intime satisfaction, on est assis au milieu d'un millier de chinois, et je suis assis au milieu d'un millier d'asiatique. Depaysement total.
Le spectacle commence par une promenade aux flambeaux, sur un chant melodieux, repris par une ribambelle de jeunes chinoises en costume traditionelle qui arrive de nulle part. Leur chant resonne dans la vallee avec une teinte envoutante, repris en image par le caliedoscope des projecteurs. Les pics environnants prennent vie et semblent respirer des couleurs fluides, comme par magie, entre flammeches rouges verticales et ondulations bleues horizontales. San jie se joue des elements dans une esthetique parfaite, melant le ballet d'un concert de pecheurs se battant contre les elements et leur filets, et la calvalcade sublimee d'une dizaine de jeunes filles au corps de graces. Elles s'effeuillent sur les bords de la riviere dans une transformation azuree, papillons de printemps jouant avec les voiles comme des ombres chinoises pleines de vie. Liberes de la contrainte de la gravite, la lune et le soleil se melent a elles et voguent sur les flots dans le tintement des symbales. Au fond, dans la vallee, sonne alors le sourd tambour tribal, qui mettra bientot en scene les hommes et la violence de la guerre. Le rouge sang s'etale sur le fleuve, s'evapore, puis tourne au vert, lorsque l'espoir et la paix reviennent, mort d'un cycle, naissance d'un autre.
Une page de l'histoire de la Chine, en couleur et en douceur, un dernier chant merveilleux, et le spectacle se termine, apres 1h30 de reve les yeux grands ouverts.
Nous trainons alors dans les rues de cette petite ville provinciale, pour en tirer encore, l'essence de la Chine qui nous plait.