me voila donc locataire d une piece de 2x2 m, qui n aurai pas la denomination de chambre, sans l unique mobilier qui fait office de lit : un matelas creuse par les milliers de clients qui sont passes avant moi, simplement pose sur une planche de bois accrochee aux murs.
au bout de 5 mn a tenter de definir la couleur de la peinture apposser au plafond comme sur le contreplaque qui me sers de murs, mon attention est attire par le boitier de commande du ventilateur accroche au plafond.
face a la moiteur omnipresente, cette opportunite de fraicheur me donne le courage de me redresse pour enclencher la premiere vitesse sur une gamme de 4.
malheureusement, j en profite un court instant, juste le temps de comprendre que cette toupie a helice qui se balance dangereusement au dessus de ma tete, tiens au plafond grace au cable noue sur un mince crochet...
j eteint donc a contre-coeur cette ventilation qui semble defier les lois de la gravite.
dans l atmosphere etroite de mon cube qui est devenu silencieuse, je m assoupit alors progressivement, mais pas suffisamment pour ne pas realiser que ma peau semble reagir, par une sensation epidermique, a mes draps aux motifs rendu fade par l anciennete.les acariens, qui doivent etre legions semblent de pas apprecier ma compagnie.
j abandonne neanmoins l idee depoussete ma couche et je finis par sombrer dans un sommeil profond, celui dont on ne sort pas indemne...
a 3h de l apres-midi, la bouche pateuse, je sors de ma beatitude lorsque je realise que je contemple la course effrenne de 2 cafards depuis un bon moment.
si vous avez deja admire la danse de 2 amendes grilles sur lequel on a greffe 8 pattes epileptiques, vous avez du comprendre que la nature pourvoit certaines creatures d un gout demesure pour la perte d energie inutile.
leurs deux antennes qui gesticulent febrilement me prouve que l activite cerebrale de ces insectes rampants souffrent d une surchauffe continuelle qui les incite a realiser le meme trajet des centaines de fois.
leur souffrance disparait enfin, ecrasee sous le poids de la semelle de ma tong, dans un bruit croustillant.
fermant la porte derriere moi, je devale l escalier de bois pentu pour sortir dans la rue...