J'ouvre les paupieres sur un lendemain lumineux.
Longue douche froide, une douche froide de cambodgien, de celui qui ne sait pas ce qu'une douche chaude apporte de plus, surtout lorsqu'il fait chaud.
Mais je ne ferai pas un bon cambodgien.
D'abord peux etre parceque j'ai 2 bras et 2 jambes, le ventre plein et l'ossature bien portante, ce qui n'est pas le cas de tous, ici: les mines, ils en restent pleins...
Combien j'en ai rencontre deja, de ces misereux qui tendent la main, et qui ne sont en rien comparable a ces "Sans Domicile Fixe" de chez nous?
Ces misereux, ils ont 10-12 ans, les yeux tristes, les jambes molles, en forme d'allumettes, et connaissent 2 mots d'anglais qu'ils repetent constamment d'un ton suppliant, 2 mots teintes de tristesse: please mister....
Je ne donne rien.
Je ne donne rien, et c'est dur.
C'est dur mais c'est juste.
Si je donne, leurs parents ou leur tuteur ne les amenent pas pour autant a l'ecole, et rien ne leur revient.
Il ne faut pas donner d'argent.
J'achete alors un bouquet de banane.
J'en donne une au premier que je croise, et je suis vite entoure.
Je ne connaitrai pas le gout de ces bananes aujourd'hui. mon bouquet est parti, disperse parmi ces mains avides...