Navigation difficile par grand vent.
On nous avait prévenu, mais le vent était plutôt calme lorsqu’on a repris la route.
Il devint évident qu’un arrêt s’imposait lorsqu’on se rendit compte qu’en 2h nous n’avions parcouru que 10 mètres…
On trouve un coin propice pour amarrer le bateau mais le vent nous déporte trop. J’enclenche la marche arrière pour éviter les roseaux, tourne la barre à gauche pour aller à droite.
On reprend la route dans le sens inverse, poussé par le vent, et en 15 minutes, on rejoint notre point de départ !
Tous les pontons sont pris d’assaut par d’autres navires.
Il ne nous reste qu’une maigre place, qui, après deux tentatives infructueuses, sera abandonnée pour ne pas prendre le risque d’aborder sans le vouloir l’un des deux bateaux à quai.
On reprend donc le même chemin à contre courant et vent contre nous, après avoir fait un 360° sur nous même pour revenir au vent.
1h30 à plein régime, sous la pluie battante (et sans essuie-glaces, tonnerre de Brest !!!) et le vent cinglant nous ramène vers la berge où se trouve notre dernier espoir. Deux arbres d’allure solide pour attacher les cordages, une berge sans rocher ni banc de sable en vue.
En deux temps trois mouvements, les ordres sont donnés, repris par le second, tout l’équipage en poste prêt à l’action, 4 pour les cordes (une à chaque coin du bateau) et la vigie à l’arrière pour guetter le danger.
Quant au capitaine, à lui de manœuvrer en douceur mais avec fermeté le navire pour qu’il reste face à la berge sans tourner vers les roseaux.
Opération délicate qui demande une réaction irréprochable de l’équipage.
Les bonnes cordes doivent être attachées en premières, et les nœuds solidement réalisés en un temps record.
Enfin, la chance nous sourit, le vent se calme dés la première corde avant attachée, et je peux couper le moteur. Compteur à 948h.
En après-midi, nous péchons 3 carpes européennes, qui seront cuites au barbecue avec quelques cuisses de poulet et du taboulé en accompagnement.
Nikki la coréenne veut connaitre la recette du taboulé que je prépare moi-même, me voila donc professeur culinaire, d’une culture que j’apprend moi-même (j’étudie l’arabe depuis cette année).
En soirée, Satoshi le japonais allume le feu de camp, et nous profitons tous de la chaleur des braises pour faire fondre des marshmallows ( un délice selon Véro !) et de la clarté du ciel pour admirer la voie lactée et la configuration des étoiles qui ne sont visibles de cette manière que dans l’hémisphère sud.